Réveillon " Sans moi"

Un conte sur la déception de Noel

'Comme Nietsche, il croit en l'homme...'

Je le réveille à 10 du matin, il dort encore. Normal, il n’a pas de cadeaux à acheter. Ce qui l’énerve le plus dans Noel c’est le côté artificiel.

Quand je lui pose la question pourquoi il ne fête pas le Réveillon, il répond d’une manière brève en cachant son visage dans le coussin: “parce que j'en ai rien à faire.”

Son agacement fait paraitre la tristesse de cette situation. L’ambiance palpable, on sent qu’il n’a plus envie de developper le sujet. 

Il est le roi dans son studio rempli de livres qui se promènent en vrac sur le sol. Il n’a jamais développé en lui un quelconque goût pour le spirituel, Comme Nietzsche il croit en l'homme, mais s’intéresse pas aux dogmes.

Pour me dire aurevoir, il me propose un verre de whisky matinal.

C’est le Noêl empreigné d’une solitude alcoolisée avec des bouts de phrases de Baudelaire par ci, par là.

'Finalement son voyage commence.'

Il a 41 ans, sans enfants. La seule chose qui lui rappelle le réveillon dans son appartement sont ses doigts qui transpirent le premier scherzo de Chopin. Les premières notes de la mélodie du trio proviennent d'un chant de Noël .

J’arrive chez lui à l’heure du déjeuner. j’Attends qu’il finisse sa lessive. “C’est un jour ordinaire” dit-il. 

C’est le 4ème Noêl qu’il passe sans famille, sans une once de regret. Il ne ressent pas la volonté d’entreprendre ce voyage en train qui l’amènerait à cette table de Noel.

Il ne va pas faire le moindre effort pour cuisiner, il se contente d’ouvrir une pauvre conserve de poulet aux maroilles.

 Finalement son voyage commence.

'Un regard glacial et cynique...'

Je le rejoins dans la rue, changement de plan !

 Je ne peux pas accéder à son espace intime rue Myrha.

 il vit avec son ex compagne depuis quelques temps, dans un lieu où les échanges n’existent plus. L’ambiance  de notre rencontre est électrique.  C’est dur de passer Noel sans sa famille.  

Tendu il m’explique ses problèmatiques actuelles. Il écrit 4 pages par jour de son livre inspiré de ses aventures d’un loser magnifique. 

Sur les marches du sacré Coeur il emprunte le bonnet de Père Noel à une touriste  pour lancer un regard glacial et cynique qui inspire son rejet envers la superficialité du Réveillon.

Texte et images par Kamila Stepien©